Comme il a été cité précédemment, vingt cavités sont actuellement connues sur la Chaux d’Einzon. Nous ne citerons ici que les deux plus importantes à savoir CE11 et CE18.
A titre indicatif des mesures de températures en juillet 2002 dans ces deux gouffres ont révélé une température ne dépassant pas les 1.5°C à 100 mètres de profondeur.
Le CE11
Ce gouffre a été découvert en 1992 par Stève Beuret. L’exploration est interrompue par un névé présent à environ -35m dans un vaste puits. Stève construisit alors un mur de pierre à l’entrée de la cavité. Ce n’est quand 2001 que nous retournons dans le but de continuer les investigations.
Arrivé à -35m, le névé avait totalement disparu permettant de faire apparaître une petite lucarne d’où un fort courant d’air s’échappait. Trois jours d’agrandissement à l’aide d’explosif ont été consacrés. Le passage ouvert permit ensuite d’accéder à un vaste puits de 42m, nous conduisant dans une grande salle encombrée d’un imposant éboulis. Les dimensions de la salle dépassent les 30m de côté pour 45 à 50m de hauteur de plafond. Une fenêtre dans la paroi permet d’accéder après une escalade de 9m au " Réseau de la Lucarne " se terminant à -97m sur comblement.
A l’extrémité de l’éboulis, une escalade de 10m (col) permet d’atteindre un second puits de quarante mètres. A ce niveau (-95m) nous avons rencontré notre premier ruisselet souterrain qui se perd malheureusement dans l’éboulis impénétrable.
En 2002, la cavité est fouillée de fond en comble, escalades, désobes de trémies et minages d’étroitures…
Nous découvrons encore un réseau parallèle en pendulant dans le P42 " Le Pays des Merveilles ". Ce dernier très ramifié ne nous fait pas descendre au-delà de -115m. Ce gouffre exceptionnel est déséquipé à notre grand regret en 2004.

Le CE18
L’entrée de ce gouffre fut marquée d’une flèche (symbole indiquant la présence d’un courant d’air) en 1992. C’est sans doute par manque de moyen que celui-ci ne put être exploré cette même année. Il faut dire que l’orifice fort étroit ne permettait pas d’être franchi sans travaux de minage.
L’ étroiture d’entrée est franchie en 2001, sans grand succès, le méandre pince sec !
Durant l’été 2002, après deux demi-journées de travaux nous parvenons au sommet d’un puits de 140m, Waouh !
" Le puits des pierres qui chantent ", est exploré d’un trait et se poursuit jusqu’à -170m (terminus 2002). Plusieurs lucarnes dans le puits sont visitées mais n’offrent que quelques bouclages.
En 2004, le fond est dégagé, la suite devient aquatique et le décor moins alpin, R8 et P13 suivent. Au fond du dernier puits le passage se fait à l’horizontal dans un étroit joint de strate, la sortie nécessite un tir. Après un petit R4, nouveau départ de méandre trop étroit, la suite semble toutefois être très prometteuse. Après trois tirs l’accès à un P11 suivit d’un P16, nous conduit à -228m dans les schistes. Devant nous un méandre impénétrable parcourut d’un courant d’air soutenu se poursuit sur environ cinq mètres, c’est le terminus de cette année.
En 2006, après bien des déboires, le terminus est franchi, le méandre est suivi sur une quinzaine de mètres avant un nouveau rétrécissement, cette fois ci ça sera trop pour nous. Nous rembarquons tout notre barda, tout est déséquipé à regret !
