Compte rendu d'une expé en Turquie, automne 2004

Vendredi 8 octobre
Rendez-vous à l’aéroport de Zürich vers 16h, enregistrement des bagages (3 x 21kg) chez Turkish Airlines. Notre vol est repoussé de près de deux heures, checking à 19h. Escale à Istanbul vers 23 heures, puis vol pour Ankara et arrivée à 2 heures du matin. Nuitée dans l’Airport Hotel à 100 US dollars la chambre pour les trois (5 étoiles).


Samedi 9 octobre
Retour à l’aéroport, changement des billets d’avion pour un retour le mardi 19 (Jérôme + Damien). Ensuite prise en charge de notre voiture de location (agence ALMIRA). Nous quittons à proprement d’y la capitale à 13 heures, route en direction du sud à travers les vastes plaines Anatoliennes, puis le long du grand lac salé Tuz Gölü. Depuis Aksaray nous traversons la splendide et mystérieuse Cappadoce (un peu rapidement), arrêt ailes de poulet sur la route de Nigde. Escale noctambule dans cette dernière avant de nous rendre à Develi, nous quittons alors les grands axes routiers. Nuit sous tente à proximité du village de Bakirdagi.
Dimanche 10 octobre
Temps superbe, après avoir replié notre barda, nous attaquons en direction du premier massif. Traversée des petits villages typiques avant d’atteindre un hameau de fond de vallée, Künye Koyü. Les villageois nous y accueillent agréablement, malgré la difficulté de la langue ils comprennent vite que nous cherchons des grottes. Un homme du village, Shihale, nous servira de guide. La voiture reste chez notre ami, départ à pied dans la gorge en amont du village, après 30 minutes de marche nous atteignons une résurgence impénétrable d’env. 400 litres/sec. Encore 10minutes avant de découvrir une résurgence semi active, un lac profond ne permet pas de pénétrer dans la cavité. Avec David nous tentons le passage en slip, pas vraiment concluant, l’eau est très froide !
  
Montée 200m plus haut, voire notre 1er vrai trou, un puits de 5m forme l’entrée, une première salle suivie d’une deuxième un peu plus grande (30 x 10m) et bien concrétionnée. Entre ces dernières une petite étroiture aménagée de couverture pour éviter de ce salir (notre guide est en chemise blanche). La grotte se termine par des colmatages vers -20m. Retour en surface, nous désirons monter plus sur le massif, mais notre ami si oppose prétextant la nécessité d’avoir des autorisations de la police (Jandarma). Nous regagnions le village, dîner (galettes-raisins) avant de prendre congé de lui. La Jandarma de Bakir est à 10 minutes nous nous y rendons avec l’intention d’obtenir les autorisations, à notre surprise personnes n’y parle allemand où anglais. Nous nous faisons comprendre tant bien que mal et après plusieurs verres de thé, nous apprenons qu’une autorisation n’est pas nécessaire…
   
Nous repartons avec leur parole orale et un plan de l’adjudant pour l’accès au massif. Dans leur locaux nous aurions d’ailleurs eu l’occasion de découvrir des cartes de terrains au 25'000. Nous nous rendons dans la vallée de Derabasi pour gagner au plus près le massif. Nuit à 1600 mètres, après voire parcourue 3km de route chaotique.
  
Lundi 11 octobre
Départ peu avant 10h montée en direction du sommet à 2588m, rencontre avec deux bergers.
Une très longue arrête nous sépare du plateau de Bakir Dagi (partie nord est). Vers 14h débarquement sur ce plateau lunaire, où les dolines se suivent une derrière l’autre. Parfois ces dernières atteignent les 40 mètres de profondeurs. Descente de deux trous qui s’arrêterons pour le « trou1 » sur un important névé vers -40m et pour « le trou 3 » sur un comblement de blocs à -10m. Nous estimons avoir pu parcourir entre 10 et 20% de la surface karstifié. Avant de revenir sur nos pas Jérôme découvre un P.20 « trou 2 » avec un palier et une suite, à revoir.
  
La nuit est totale à 18h 30, le retour se fera à la lampe frontale sur des sentiers pas vraiment existant. Nous reprenons la route à 20h pour Yayali, arrêt bouffe (Pide, sorte de pizzas) et bière devant une danse du ventre à Develi. Camping peu après.
  
   
  
Mardi 12 octobre
Le soleil ne nous quitte pas, de quoi bronzer ces velus thorax ! Avant le prochain massif, nous refaisons nos courses à Yayali. La route est ensuite encore longue et poussiéreuse en direction d’Ulupinar surtout en ce trompant à deux reprises de vallées. Arrêt lessive et ablutions de rigueurs à proximité d’un gros torrent. La route que nous poursuivons le longe et emprunte rapidement une gorge. Nous entrons dès lors dans un somptueux décor karstique. La route devient alors une piste, cette dernière nous conduit à proximité d’une très belle résurgence dotée d’un grand porche. On pourrait y accéder en enjambant un vieux pont de câbles traversant le torrent. Toutefois son état précaire nous fera renoncer à en approcher de plus près. 5 kilomètres plus loin nous empruntons une vallée perpendiculaire et arrivons devant plusieurs sources jaillissantes de la paroi rocheuse (sources de Kabuzbazi Selâlesi).
   
Après la zone des sources nous entrons dans le parc de Aladaglar (signaler par une petite casba de gardien). La piste nous fait traverser des villages très typiques, nous parviendrons à monter jusque vers 1850 mètres d’altitude en voiture (notre Fiat souffrira un peu des puissantes ornières). A noter qu’avant d’atteindre le hameau d’Ulupinar nous avons bifurqué dans une petite vallée perpendiculaire permettant de plus s’enfoncer au centre du massif (ouest).
  
Mercredi 13 octobre
Départ peu avant 9h pour le plateau des sept lacs ou Yedi Göler. Superbe sentier bien tracé jusque vers 2950m d’altitude, nous n’aurons pour compagnons que le sifflement du vent dans les falaises environnantes. En bordure du plateau, le B8 un des trous signalé par une équipe de Français (1992) est retrouvé. Puis nous arpentons une bonne partie du plateau de Yedi Göler (partie nord, nord est et sud ouest depuis le Direktas). Quelques phénomènes karstiques sont observés notamment un P.6 sur faille (B20) en dessus du « B8 » (non exploré).
  
  
Le reste constitue des failles impénétrables, puits à neige et petites dolines d’effondrement). Le calcaire est très compact, s’apparentant à du marbre blanc. Une grande surface fut couverte en prospectant n’ayant offert que très peut de résultat, d’autres zones de l’Aladag semblent plus favorable à la formation de cavernes. Arrivé à la voiture vers 19h30, retour au bord du torrent de la veille pour camper.
Jeudi 14 octobre
Nous passons toute la matinée en voiture en tentant de joindre Feke (route de Mansurlu), 3h30 de trajet pour environ 65km de piste. Puis Feke Adana et monté dans la vallée d’Arlankoy depuis Mecine (Icel). Arrivée peu avant la nuit, camping à proximité du village de Tirtan sur un plateau calcaire vers 1600 mètres. Zone où un Français à exploré deux cavités (-167m et une perte -35m). Aucuns problèmes pour camper dans ces lieux, les autochtones nous saluent plutôt chaleureusement à leur passage.
Vendredi 15 octobre
Depuis Tirtar une piste bien entretenue nous permet d’accéder au vaste plateau calcaire du Bolkar Daglar (2300m). Plusieurs chemins carrossables permettent de se déplacer rapidement sur le plateau. Jérôme découvre un grand puits (1.5x2.0m estimé à 70m de haut) nous le pointons comme « BO1 », n’ayant qu’un matériel léger nous n’attaquons pas. Traversé du plateau en direction du nord ouest jusqu’à la frontière de province, seul les trois premiers kilomètres en direction du nord semblent bien lapiazés et ce sur une bande d’une vingtaine de kilomètres de longueur. Nous tentons de boucler en redescendant par une puissante gorge à l’est en rejoignant le village d’ Atlilar, malheureusement pour nous la route est bloquée par un effondrement de terrain. Retour à Tirtar et visite du fond de vallée de l’Arlanskoÿ Deresi par le village de Caglarca, les sources du massif doivent se trouver en amont de ce dernier (débit estimé env. 200litres/sec). Le potentiel de la zone doit atteindre un peu plus de mille mètres. Nous nous tournons ensuite face à la méditerranée et rejoignons la station balnéaire de Kiskalesi.
  
  
Samedi 16 octobre
Après la baignade, retour sur Adana via Silifke. Nous sommes au deuxième jour du Ramadan, il est difficile de trouver de quoi manger la journée. Arrivé sur Ankara vers 19 heures après 600km de route pour la journée et plus de 2000 kilomètres pour l’ensemble du périple. Nuit dans les quartiers branchés de la capital résonnant aux sons des musiques Turcs.
Dimanche 17 octobre 2004
Avion Ankara – Istanbul à 5h du matin, David continue sur Zürich tandis qu’avec Jérôme nous passons encore deux jours en ville d’Istanbul. Retour en Suisse le mardi 19 octobre 2004.
  
Infos pratiques et Budget, 2004
Vol :
A partir de 450 euros (Zürich – Ankara).
Voiture en location:
Nous est revenu à 400 euros pour 8 jours plein (agence Almira).
Vie sur place :
Bouffe, essence et divers env. 350 euros. Seulement 3 nuits en hotel.
Période :
La période septembre – octobre semble propices pour ce type de reconnaissance, peu ou pas de neige en altitude. Température agréable la journée, froid la nuit en altitude et temps généralement ensoleillé.
Accueil :
Nous avons toujours été très bien reçu part les Turcs qui aiment lier la conversation. Pas problème pour le camping sauvage en respectant les bonnes manières.
Dès que l’on quitte les centres (grandes villes et bord de mer) les Turcs ne parlent généralement que leur langue maternelle. L’allemand semble toutefois être la langue étrangère la mieux comprise.
Toutes coordonnées prises, FRMT Position : hddd°mm.mmm’ / SYST GEOD : WGS 84 / métrique
Participants: Christen David, Perrin Jérôme (SCVJ), Linder Damien (SCJ).
En 2005, le Spéléo-club Vallée de Joux retourne en Turquie, voir ici
Observations de terrain et notes par zones karstiques
Massif de TAHTALI DAGLARI région de BAKIR DAGI
Point culminant de la zone : Bakir Dagi ( 2721m) - Résurgences observés : A proximité du village de Künye Köyü, gorge en amont.
- Source impénétrable du Bakir Dagi
Fissures, débit estimé à env.150 litres/secondes.
- Source temporaire du Bakir Dagi
Résurgence temporaire 200m en amont de S1, lac à l’entrée, galerie de 2.5 x 2.0m. Eau très froide matériel obligatoire. On entend le torrent depuis l’entrée, mais pas de courant d’aire. Selon les habitants la grotte à déjà été exploré, par les Turcs (histoire d’accident, télévision, il faudrait d’ailleurs 8h pour allé au fond de la cavité, topo ???).
- Grotte Fossile de Shihale
Développement : env. 80m dénivellation : -25m
Matériel : corde de 8m.
Description : P.6 donnant accès à une première salle ébouleuse, petit passage étroit permettant d’accéder à une deuxième salle plus concrétionné.Terminus vers – 25m par comblement de sédiments.
Accès au plateau karstique TAHTALI DAGLARI :
Selon les habitants de Künye il faudrait un permis, délivré par la police de Bakir Dagi (village), toutefois à la Jandarme , nous comprendre que cela n’était pas nécessaire. Nous avons accédé au massif par la vallée de Derabassi, situé au nord est. Compter trois à quatre heure de marche depuis la dernière partie du chemin carrossable (1600m). Accès certainement possible en tracteur depuis le village de Künye.
Développement : env. 45m dénivellation : -20m
Matériel : corde de 20m.
Description : Vaste puits d’entrée pouvant être dès escaladé en partie. Imposant névé à la base avec quelques départs bouchés de neige.
Découvert lors du repérage d’octobre 2004, trop de neige !
Position GPS : N 38°04.963 E 35°52.615 Altitude : 2275m
Développement : env. 25m Dénivellation : -20m
Matériel : corde de 30m.
Description : P.20 avec margelle, à revoir
Découvert lors du repérage d’octobre 2004, non exploré
Position GPS : N 38°04.749 E 35°52.306 Altitude : 2295m
Massif de l’ALA DAGLAR secteur YEDI GOLER (Direktas)
Point culminant de la zone : Torasan Dägi ( 3374m) - Résurgences observés : Voire sources 1 +2
- Source 1 pénétrable du bord de route
Source pénétrable située dans les gorges le long de la route Yelsilköy Büyük Cakir. Traverser un pont suspendu en mauvais état pour rejoindre l’entrée de la cavité, 3 à 5 m3/seconde (en automne). Aucunes infos sur cette belle source.. ?, nous ne l’avons pas visité.
Position GPS : N 37°47.590 E 35°26.411 / Altitude : 680m – 700m
- Sources 2, Kapuzbazi Selâlesi
Sources en delta situées dans les gorges le long de la route Büyük Cakir–Ulupinar. Accès difficiles en falaise, en face de l’entrée du parc de l’Aladag. Environ 5 m3/seconde (en automne). Source mentionnée dans les guides de voyage, curiosité touristique.
Altitude : 800m
Matériel : corde de 100m.
Position GPS : N 37°48.475 E 35°12.669 / Altitude : 2926m
Développement : env. 10m dénivellation : -6m
Matériel : corde de 20m.
Description : P.6 avec départ de galerie, à revoir. Découvert lors du repérage d’octobre 2004, non exploré
Position GPS : N 37°48.414 E 35°12.399 / Altitude : 3036m
Développement : env. 8m Dénivellation : -4m
Matériel : aucun.
Description : Belle galerie phréatique (3x2m) comblé de neige. Découvert lors du repérage d’octobre 2004.
Position GPS : N 37°48.606 E 35°10.132 / Altitude : 3234m
Développement : env. 10m Dénivellation : -7m
Matériel : aucun.
Description : faille comblée de bloc à -7m. Aucune suite possible. Découvert lors du repérage d’octobre 2004.
Position GPS : N 37°48.576 E 35°10.100 / Altitude : 3238m
Matériel : aucun.
Vu lors du repérage d’octobre 2004.
Position GPS : N 37°48.749 E 35°11.119 / Altitude : 2875m
Massif de BOLKAR DAGLARI, Secteur Arlansköy
Résurgences observés : A proximité du village d’Atlilar, et village de Caglarca (gorges de l’Arlansköy Deresi.
Accès par la route goudronné jusqu’à Tirtar, puis piste pour monter sur le massif. Pas mal de routes couvrant cette zone, permettant de se déplacer facilement.
Bibliographie : Spelunca
Développement : env. 80m dénivellation : -80m
Matériel : corde de 100m.
Description : P.80 ??, à revoir
Découvert lors du repérage d’octobre 2004, non exploré
Position GPS : N 37°04.819 E 34°18.700 / Altitude :2360
Ci-dessous la position des grottes inventoriées
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