Les fous de la désob

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Grotte de Milandre PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Guenot   
Mercredi, 26 Mai 2010 18:13

Impressions de la traversée de Milandre par Cécille et Cyrille

 

 

  1. Date de la sortie :

14/05/10

  1. Cavité / zone de prospection :

Grotte de Milandre – Traversée Nord-Sud

  1. Massif

Jura suisse

  1. Commune

Boncourt

  1. Personnes présentes

Cyrille Mathon + Cécile Pacaut (SGCAF)

Pierre Xavier Meury (Spéléo-Club Jura)

Marcel Guenot (CAF Charquemont)

Dominique Cassou (GRAS Lourdes)

Eric l’auvergnat (CAF Clermont Ferrand)

Sylvain + Olivier (CAF ST-Etienne)

Jean-Louis et ??? (74)

 

  1. Temps Passé Sous Terre :

7h30

  1. Type de la sortie :Prospection, Classique, Exploration, Scientifique, Initiation, Plongée

Classique

  1. Rédacteurs

Cyrille et Cécile

 

Description de la sortie :

 

La rivière souterraine qui parcourt la Grotte de Milandre est la plus longue du Jura suisse. La grotte se développe quelques dizaines de mètres à peine sous la surface, à l’endroit même où se construit l’autoroute A16 Transjurane. Cette cavité, magnifiquement ornée de concrétions, est reconnue comme monument naturel national (géotope d’importance nationale). De plus, l’eau de la rivière est captée pour la consommation. Des mesures exceptionnelles ont donc été prises pour prévenir tout dégât dans la grotte lors des travaux de percement des tunnels et pour éviter une contamination de l’eau en cas d’écoulement accidentel d’hydrocarbures. On retrouve en divers points du réseau :

  • Des capteurs permettant d’enregistrer différents paramètres de l’eau (dont présence d’hydrocarbures) ainsi que le débit,
  • Des déshuileurs (3 plaques plongeantes en tout) permettant de confiner les pollutions accidentelles par hydrocarbures.

De ce fait, et au vu de la fragilité des appareils installés, l’accès à la grotte est devenu durant ces 7 dernières années de plus en plus restreint, réservé à un public trié sur le volet.

La présence importante de CO2 et une intoxication (non expliquée) de spéléos au CO en 2009 contribuent à rendre l’accès très réglementé.

 

Dans le cadre du rassemblement CAF, Pierre Xavier Meury (Président de la Société Suisse de Spéléologie et partenaire d’un groupe de mandataires pour la protection de la Grotte de Milandre), s’est proposé aux organisateurs d’emmener une équipe de 9 personnes pour une traversée aval-amont de la grotte. Cécile et moi avons la chance de participer à l’aventure…

Rendez-vous matinal donc, dans un pâturage du Maira, au milieu des vaches. Nous sommes accueillis par Pierre Xavier devant une petite cabane forestière à la cheminée fumante, construite juste à côté de la sortie de la Grotte (une trappe métallique dont nous surgirons quelques heures plus tard). Pierre Xavier nous expose le déroulement de la journée, tout en commençant à nous donner de nombreuses informations tant historiques que scientifiques sur Milandre. Notre première mission consiste à enfiler les combinaisons néoprène puis à nous diriger vers les voitures pour constituer un convoi réduit permettant d’atteindre l’entrée du réseau, quelques 4 km plus loin.

 

Après vérification des niveaux de gaz, nous nous lançons dans l’ancienne partie touristique (la grotte exploitée pendant 1 siècle jusqu’aux années 80). Notre premier quart d’heure dans la grotte se résume en un enchainement d’escaliers, autrefois empruntés par les touristes. Les marches sont raides, les combis aussi… et la température sous-vestimentaire monte très vite. La zone touristique se termine par une porte de fortin qui donne accès à la suite du réseau grâce à un tunnel artificiel créé pour shunter un siphon. Nous enchainons ensuite par environ 45 minutes de marche, d’escalade et de ramping sur un sol extrêmement glaiseux. Arrivent ensuite deux petits puits qui nous conduisent (enfin !) sur les rives de l’actif.

 

Pierre Xavier nous signale qu’à cet endroit et ce jour-ci, le débit est d’environ 300 litres/seconde, ce qui représente un débit particulièrement élevé qui nous permettra de découvrir le réseau dans une ambiance très aquatique. Il en profite pour mesurer le taux de CO2 de la grotte grâce à un appareil portable, geste qu’il reproduira à plusieurs reprises durant la traversée afin de valider les enregistrements en continu pris par l’appareil calé sur le dessus de son kit. Il espère ainsi pouvoir récupérer des informations contribuant à mieux comprendre les circulations d’air dans le réseau.

 

Les choses sérieuses commencent…mais les plus belles aussi. Nous nous retrouvons très rapidement dans un prodigieux canyon richement orné, haut d’une quinzaine de mètres. L’ambiance sonore et visuelle est saisissante. Il faudrait pouvoir rester des heures au même endroit pour tout observer. Le groupe avance cependant à un bon rythme car le chemin est quand même long, environ 3,6 km au cœur de l’actif et à contrecourant !

Plusieurs cascades se succèdent, que nous grimpons parfois en nous entraidant. Après un shunt « terrestre », nous nous installons au bord d’un petit lac pour le déjeuner et retrouvons ainsi le calme sonore qui emplissait la grotte avant de rejoindre la rivière.

 

La suite de la visite reprend sur le même rythme qu’avant la pause. Quelques petites surprises nous attendent, comme par exemple ces 2 voûtes mouillantes (où la main courante installée s’avère fort utile), des fossiles de fort bonne tenue (dont 1 demi oursin qu’on croirait de notre époque !) ou bien les concrétions qui s’offrent à nous, de plus en plus majestueuses au fur et à mesure que nous approchons de la sortie.

Nous nous retrouvons un petit groupe de 4 en pointe à quelques encablures de l’ultime puits et faisons une pause pour attendre le reste de l’équipe. Grâce à son capteur portable, Pierre nous explique que cet endroit du réseau est très chargé en CO2, 2,5% (contre moins de 0,04% à la surface) exactement à l’endroit où nous sommes… Effectivement, le souffle de chacun est court et l’on sent bien qu’au-delà de la fatigue, il manque quelque chose à l’air que nous respirons…

 

L’impression se confirme dès les premières bouffées d’air du dehors, au bas d’une échelle de 21 mètres. A 5 mètres du dehors, un pallier métallique (où est chichement posée une cave à vin, réserve pour accompagner les fondues de sortie de trou…d’ailleurs, les caquelons attendent le spéléo dans la cabane) permet de souffler un peu. Puis c’est la sortie définitive vers l’extérieur…

 

Deux dernières choses pour finir :

 1/ Je n’ai pas pu prendre de photos de cette traversée, Pierre Xavier m’ayant fortement déconseillé d’emmener mon appareil non-étanche dans un endroit aussi hostile…Je pense qu’il a bien fait J.

Si vous ne connaissez pas Milandre, des photos réalisées par le Groupe Spéléo Alsace sont visibles ici : http://groupespeleoalsace.free.fr/milandre06042007/milandre06042007.html

 2/ Le soir même de la traversée, nous avons assisté à la projection de 2 films (une vingtaine de minutes chacun) sur les premières explos de Milandre.

 Le 1er est visualisable ici : http://www.speleoclubjura.com/index.php/films/jura/explomilandre

 Le 2ème (réalisé par la TSR en 1978) est ici =>> http://vimeo.com/9380604

 

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