Creux d'Entier

Entrée du gouffre

Le Creux d'Entier est sans doute la cavité la plus connue du Jura bernois en raison de sa longue histoire et ses magnifiques puits d'entrée. Vous trouverez ici une description détaillée du gouffre.

 

Film Telebielingue dans le Creux d'Entier (mai 2009)

Film tourné lors de l'AD 2008 à Undervelier

Description:

Le vaste puits d'entrée plus ou moins elliptique se termine sur le classique éboulis, ancien charnier dépotoir à -22m.
Un petit méandre mène à la base d'une cheminée à -26m. La suite est une lucarne à -13m dans le puits d'entrée, aisément atteignable depuis que le SCJ l'a équipé d'une confortable plate-forme en bois. Elle donne sur les « Grands Puits ». Aussitôt nous sommes frappés par l'intense concrétionnement présent partout dans le gouffre. Le premier puits de 30m est décalé de 90° par rapport au suivant, plus vaste encore. Des équipements aériens permettent de jouir pleinement du décor grandiose.

 

Entrée du gouffre   

On prend pied à -64m sur un plancher stalagmitique. De là, quatre suites s'offrent au spéléo.

  1. Une escalade de 20m (quelques pitons en place) à la base même de la corde permet d'accéder à une courte galerie au plafond merveilleusement marbré sur la droite et, après un passage horizontal sur la gauche, à un P14 débouchant à mi-hauteur du P20 (une cheminée a été remontée jusqu'à -24m, exploration du GSP 1974).
  2. Toujours au pied de la corde un petit ressaut mène à une chatière voisine dynamitée et équipée d'une solide échelle en fer (P7). Elle est aussitôt suivie d'un P9 aboutissant au fameux « Laminoir », un méandre étroit et sinueux qui débouche dans le puits du Lac (P8), au début de la Galerie de Poupées.
  3. Au lieu de descendre le petit ressaut au bas de la corde du P20, on peut s'élever sur un pont stalagmitique. On repérera sur la droite, de l'autre du puits, l'amorce d'un méandre (explo Rouiller, Senn 1974). D'un parcours agréable, taillé dans une roche très claire, il débouche dans une petite salle merveilleusement concrétionnée. Un puits de 14m en crève le fond. Ce chemin recouvert de millier de rosettes de tuf peut se remplir d'eau sur plus de 10m ! Au haut du puits, un réseau de fissures mène à une chatière désobstruée (GSB 1980) qui donne sur un puits de 7m.
  4. De nouveau sur notre arche stalagmitique, un méandre semblable se repère sur le côté gauche. Il débouche après une trentaine de mètres dans une galerie spacieuse jalonnée de plusieurs puits. Le premier de 22m et le suivant de 7m (Puits du Bâlois) nous mènent à la galerie des Poupées, et à l'embranchement de la salle Bouddha.

    

Revenons donc à la galerie des Poupées que nous avons atteinte en deux points. Au point du Lac, la galerie est large et basse, la voûte formée par une dalle passablement plate. Sur la droite, l'amont horizontal est comblé après quelques dizaines de mètres (-97 m). Sur la gauche une étroiture dans une trémie défend l'accès à la base du Puits du Bâlois qu'il faut contourner par 1a droite derrière une grosse colonne.  Délaissant le départ pour la salle Bouddha on remonte toujours dans les couches. Quelques stalagmites massives et une belle draperie viennent égayer ce passage qui se termine sur une petite escalade de 7m. Du bas de cette   dernière,   quelques  diverticules   sans importance. La voûte s'abaisse et la galerie descend jusqu'à la chatière verticale (Boîte aux lettres) qui débouche dans un étage supérieur des Poupées. L'amont est négligeable.
En aval par contre la galerie prend de l'ampleur et débouche dans la salle des Gouttières. Base d'une grande cheminée (P16, P37) se terminant à -38m (Explo GSP 1976). Signalons au pied de cette cheminée la présence de minerai de fer et de quelques diverticules sans intérêt. Au-delà de la salle, la galerie se poursuit, plus vaste encore. Sur la gauche on parvient à atteindre une cheminée latérale par une vire longeant la cheminée des Gouttières. Au pied de cette dernière une petite galerie pourrait être désobstruée.  Mais revenons à notre galerie principale qui, à 100m de profondeur, se divise en plusieurs branches. Par une petite escalade sur 1a droite, on parvient soit à une petite salle close en descendant un toboggan, soit en remontant une cheminée, à un puits redonnant dans la galerie principale. Sur la gauche, entre les blocs, débute un dédale de petites galeries menant au point bas de cet étage intermédiaire à -114m. Le petit cours d'eau que nous avions perdu au puits du lac continue sa descente par les puits concrétionnés que l'on atteint par une petite escalade à partir du lac. Une série de puits de 11m, 6m et 10m nous fait prendre pied dans« les méandres », à -112m. A la base du P11, débute un puits parallèle qui se termine sur un petit méandre. Dans « les méandres », gours et planchers stalagmitiques sont nombreux dans l’amont jusqu'à l'embranchement de deux galeries. Le ruisseau arrive de droite par une galerie qui se termine rapidement à -109m dans un boyau donnant suite à une petite salle. A gauche la galerie est sèche et jalonnée de plusieurs escalades. En haut d'une dernière cheminée de 9m une salle finement décorée marque la fin de l'amont.  Vers l'aval,  la progression se fait au-dessus de quelques vasques profondes. Revenons au ruisseau qui ne tarde pas à se perdre entre les blocs par une fissure impénétrable. La galerie prend à nouveau des dimensions modestes. On gagne rapidement en profondeur en descendant quelques ressauts pour aboutir finalement au « Puits des Trois » (P18). Au bas duquel nous attend le fameux « Puits du Diable du Creux d'Entier ». Une dernière étroiture défend l'accès à une petite salle bouchée à la profondeur de-156m.

Signalons à mi-hauteur du P18 le départ d'un petit puits parallèle sur une grande interstrate.

  

Sa profondeur respectable, son concrétionnement hors du commun ainsi que ses équipements fantaisistes et la possibilité de parcourir différents circuits en font une des grandes classiques du Jura. Un petit effort pour ramasser nos détritus (et ceux des autres) et à la limite effacer  les traces de nos passages parviendront bien à la préserver au rang d'une des plus belles grottes de la région. 

Découverte et exploration :

Connu de longue date, le premier puits du Creux d'Entier, reçu très tôt la visite de nombreux explorateurs. Ce n'est qu'en 1948 que le grand puits fut découvert ; les premiers explorateurs descendus dans le gouffre le visitèrent attentivement, mais sans voir dans une paroi, à une dizaine de mètres au-dessus du fond, une ouverture trouant la roche. A l'occasion de la fondation de la Section de Reconvilier de la S.S.S., le 19 décembre 1948, des spéléologues atteignent la lucarne en s'aidant des branches d'un sapin descendu auparavant. Les explorations du Creux d'Entier commençaient ainsi. Jusqu'à ce jour, malgré les nombreuses explorations antérieures, le SCJ puis le GSP et la SSS Baie y ont découvert de nombreux diverticules sans toutefois découvrir la suite tant souhaitée.

 

Actuellement, à -157 m, une équipe de spéléos tente de forcer le bouchon terminal. Ce chantier nécessite de gros moyen logistiques : Pompe, ventilateur, éclairage, le tout alimenté par un câble électrique qui relie l'entrée du gouffre au fond de la cavité, installé précisément en vue de ce chantier.

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Matériel :

Matériel vertical, une bonne connaissance des techniques de verticales sont indispensables dans les puits très aériens.

Mise en page : D. Linder, P. Guenot (d'après les archives SCJ)
Images : C. Chopard & SCJ